Créer son environnement de développement LAMP grâce à Docker Compose

Magazine
Marque
Linux Pratique
Numéro
111
|
Mois de parution
janvier 2019
|
Domaines


Résumé
Il est souvent chose ardue de maintenir son environnement de développement. Lors d’un travail d’équipe, on doit aussi s’assurer que tous les développeurs ont le même environnement. Aujourd’hui, les conteneurs offrent une solution élégante à ces problèmes récurrents. Nous allons voir dans cet article comment mettre en œuvre un environnement de développement LAMP (Linux+Apache+MySQL+PHP) à l’aide de Docker Compose.

Body

Grâce aux conteneurs, je suis sûr de pouvoir reproduire exactement le même environnement. Pour mon environnement de développement, je vais avoir besoin de plusieurs conteneurs : un conteneur pour PHP qui hébergera mon code, un conteneur pour ma base de données MySQL et un dernier conteneur pour PHPMyAdmin pour administrer ma base de données. Docker Compose me permet de décrire simplement ces conteneurs ainsi que leurs relations.

architecture

1. Environnement de développement cible

Avant toutes choses, il faut définir parfaitement l’environnement que l’on souhaite créer. Dans cet article, nous allons essayer de nous rapprocher au maximum de l’environnement du fournisseur OVH (offre mutualisée) incluant PHP & MySQL. Cela nous permettra de développer notre application localement et de la déployer ensuite chez OVH.

Voici donc la liste des conteneurs que nous souhaitons créer :

  • un conteneur PHP7 : conteneur le plus complexe à créer, car il doit est au plus proche de l’environnement OVH ;
  • un conteneur MySQL : la version de la base de données pourra être plus à jour que celle d’OVH ;
  • un conteneur PHPMyAdmin : conteneur pour le confort d’administration de la base de données.

Pour décrire la configuration de ces différents conteneurs ainsi que leur interaction, Docker Compose se base sur un fichier de configuration au format YAML. Voici le squelette que nous allons utiliser (fichier docker-compose.yml) :

# Conteneur PHP nommé php

php:

# Description du conteneur

# Conteneur MySQL nommé db (database)

db:

# Description du conteneur

# Conteneur PhpMyAdmin nommé phpmyadmin

phpmyadmin:

# Description du conteneur

Nous allons aborder les conteneurs les uns après les autres du plus simple au plus complexe : db, phpmyadmin, php.

2. Le conteneur MySQL

Voici la description du conteneur db :

db:

image: mysql

environment:

MYSQL_ROOT_PASSWORD: Secret

MYSQL_DATABASE: mydb

MYSQL_USER: mydb_user

MYSQL_PASSWORD: mydb_password

volumes:

- /home/article/docker/ovh/mysqld_charset.cnf:/etc/mysql/conf.d/mysqld_charset.cnf

Examinons les mots-clés suivants : image, environment et volumes.
Tout d’abord, image permet de créer notre conteneur à l’aide de l’image officielle mysql sur le hub docker [1].
Pour que notre base de données MySQL fonctionne correctement, il faut un certain nombre d’informations telles que le mot de passe administrateur, le nom de la base à créer, ainsi qu’un utilisateur/mot de passe. C’est ce que nous permet la section environment avec les variables d’environnement MYSQL_ROOT_PASSWORD, MYSQL_DATABASE, MYSQL_USER, MYSQL_PASSWORD. On retrouve la description de ces variables dans la documentation officielle [1].

Cela pourrait suffire, mais pour être compatible avec l’environnement OVH, il faut que l’encodage des caractères au niveau de la base soit uft8, ce qui n’est pas le cas par défaut. C’est l’objet du mot-clef volumes qui permet d’exporter des fichiers ou répertoires du système de fichiers local (dans notre cas, /home/article/docker/ovh/mysqld_charset.cnf) vers le conteneur (dans notre cas, /etc/mysql/conf.d/mysqld_charset.cnf).

Voici le contenu du fichier de configuration mysql : mysqld_charset.cnf

[mysqld]

character_set_server=utf8

character_set_filesystem=utf8

collation-server=utf8_general_ci

init-connect='SET NAMES utf8'

init_connect='SET collation_connection = utf8_general_ci'

skip-character-set-client-handshake

3. Le conteneur PhpMyAdmin

Voici la description du conteneur phpmyadmin :

phpmyadmin:

image: phpmyadmin/phpmyadmin

links:

- db

ports:

- 8181:80

environment:

MYSQL_USERNAME: root

MYSQL_ROOT_PASSWORD: Secret

La section image nous permet de créer un conteneur avec l’image officielle de PhpMyAdmin [2].

La section environment nous permet de définir l’utilisateur et le mot de passe de l’administrateur MySQL. Attention de bien mettre les mêmes informations que dans le conteneur db.

La section links nous permet de relier le conteneur à notre conteneur base de données. En effet, le conteneur phpmyadmin a besoin de connaître la localisation de la base (dans notre cas, le conteneur db).

Pour finir, la section ports permet de lier notre conteneur à notre machine locale. Le premier paramètre est le port local (ici 8181), le second paramètre est le port dans le conteneur (ici 80). Nous pourrons donc accéder à PhpMyAdmin en tapant l’url : http://localhost:8181.

4. Le conteneur PHP

Voici la description du conteneur php :

php:

build: ./engine/php_server/

ports:

- 80:80

volumes:

- /home/article/docker/ovh/www/html:/var/www/html

links:

- db

dns:

- 208.67.222.222

- 208.67.220.220

Un gros changement pour commencer, le mot-clé build est à la place d’image. En effet, build va nous permettre de configurer plus finement notre image docker, c’est ce que nous verrons en détail ultérieurement.

La section port nous permet d’accéder au port 80 de notre conteneur en utilisant le port local 80 (on suppose ici que le port est disponible). Nous pourrons donc accéder à notre conteneur PHP en tapant l’url : http://localhost.

Nous allons développer dans le répertoire : /home/article/docker/ovh/www/html, on va donc exporter ce répertoire local vers le répertoire hébergeant le contenu web de notre conteneur php : /var/www/html, c’est ce qui est fait ici dans la section volumes.

Notre programme PHP devra accéder à la base de données, pour ce faire, on utilisera le nom de machine db. La section links nous permet cela.

Pour finir, la section dns nous permet de définir les serveurs DNS utilisés au sein du conteneur, ici nous utiliserons les serveurs OpenDNS : 208.67.222.222, 208.67.220.220.

5. Configuration avancée du conteneur PHP

Dans la définition du conteneur php, nous avons écrit : build: ./engine/php_server/.
Cela signifie que nous voulons utiliser un fichier Dockerfile situé dans le répertoire : ./engine/php_server/. Voici le contenu de ce fichier :

FROM php:7.1-apache

RUN apt-get update \

&& apt-get install -y \

libpng-dev \

aptitude \

libfreetype6-dev \

libjpeg62-turbo-dev \

libmcrypt-dev \

libbz2-dev \

libgmp-dev \

libzip-dev \

libc-client-dev \

libkrb5-dev \

libpspell-dev \

libmagickwand-dev \

libxslt-dev --no-install-recommends \

&& rm -r /var/lib/apt/lists/*

RUN docker-php-ext-configure imap --with-kerberos --with-imap-ssl

RUN docker-php-ext-configure gd --with-freetype-dir=/usr/include/ \

--with-jpeg-dir=/usr/include/

RUN docker-php-ext-install -j$(nproc) \

mysqli exif mbstring zip dba bz2 calendar bcmath gettext gmp intl pdo pdo_mysql pspell gd \

imap iconv mcrypt soap sockets sysvmsg sysvsem sysvshm wddx xmlrpc xsl

RUN pecl install imagick && docker-php-ext-enable imagick

RUN pecl install -o -f redis \

&& rm -rf /tmp/pear \

&& docker-php-ext-enable redis

RUN a2enmod rewrite

Regardons un peu notre fichier de configuration Docker.
nous permet de sélectionner l’image docker à personnaliser, ici php:7.1-apache [3].

Une fois l’image téléchargée localement, nous allons la personnaliser. Le mot-clé RUN nous permet d’exécuter des commandes au sein du conteneur, regardons nos différentes commandes :

  • apt-get update : mise à jour des packages ;
  • apt-get install -y --no-install-recommends : installation des packages sans les recommandations ;
  • docker-php-ext-* : commandes internes au conteneur PHP permettant la configuration, l’installation, l’activation d’extensions PHP [3] ;
  • pecl install : installation d’extensions PHP ;
  • a2enmod : activation de module apache.

6. Démarrage et vérification des conteneurs

Une fois notre configuration effectuée, il faut démarrer les conteneurs :

$ sudo docker-compose up

Il faut être patient, car Docker Compose va télécharger les images Docker à partir du Hub Docker.
Une fois les images présentes, le démarrage des conteneurs phpmyadmin et db démarrent rapidement.
Pour le conteneur php, c’est plus long, cela est dû à notre personnalisation.

Pour arrêter nos trois conteneurs, il suffit de taper <ctrl>-c dans notre terminal.

Pour relancer les conteneurs, on relance la même commande :

$ sudo docker-compose up

On peut à l’aide des commandes Docker vérifier que tout fonctionne :

sudo docker ps


CONTAINER ID IMAGE                  COMMAND                CREATED      STATUS         PORTS                 NAMES

0094bc324ab4 phpmyadmin/phpmyadmin  "/run.sh phpmyadmin"   6 hours ago  Up 28 minutes  0.0.0.0:8181->80/tcp  ovh_phpmyadmin_1

012f6f125a5d ovh_php                "docker-php-entryp..." 6 hours ago  Up 28 minutes  0.0.0.0:80->80/tcp    ovh_php_1

841469a3623f mysql                  "docker-entrypoint..." 6 hours ago  Up 28 minutes  3306/tcp              ovh_db_1

Les CONTAINER ID sont générés par Docker, les vôtres seront probablement différents.

Conclusion

Dans cet article, nous avons vu comment décrire un environnement de développement PHP basé sur plusieurs conteneurs Docker à l’aide de Docker Compose. Cet environnement se rapproche très fortement de l’environnement de production offre mutualisée d’OVH.

Nous pouvons constater les différences entre notre environnement Docker Compose et l’environnement OVH avec le fichier /home/article/docker/ovh/www/html/infos.php :

<?php

phpinfo()

?>

Nous pouvons désormais très facilement distribuer notre environnement en étant sûrs qu’il sera recréé à l’identique.

Références

[1] Page officielle du conteneur MySQL sur le Hub Docker : https://hub.docker.com/_/mysql/

[2] Page officielle du conteneur PhpMyAdmin sur le Hub Docker : https://hub.docker.com/r/phpmyadmin/phpmyadmin/

[3] Page officielle du conteneur PHP sur le Hub Docker : https://hub.docker.com/_/php/


Sur le même sujet

Google Skaffold

Magazine
Marque
GNU/Linux Magazine
Numéro
237
|
Mois de parution
mai 2020
|
Domaines
Résumé

J'aime par-dessus tout les choses simples et, selon moi, si je dois faire la même chose deux fois, c'est qu'il est temps d'automatiser. Quand je développe une application, j'ai régulièrement besoin de la déployer et de la tester ; aussi, j'ai mes astuces. Mais depuis quelque temps, je dois aussi conteneuriser cette même application, et voilà maintenant que je dois également la kuberneteuriser. Et mxxxx !

Apprenez à utiliser kubeadm

Magazine
Marque
GNU/Linux Magazine
Numéro
236
|
Mois de parution
avril 2020
|
Domaines
Résumé

Combien de fois m'avez-vous entendu dire « nous allons utiliser kubeadm pour faire ceci ou faire cela », et puis boum, un kubeadm init plus tard, tout est prêt ? Souvent ? Très souvent ? Trop souvent ? Alors pour une fois, pourquoi ne pas consacrer un article entier à ce merveilleux projet ?

Pipelines en folie avec GitLab

Magazine
Marque
GNU/Linux Magazine
HS n°
Numéro
107
|
Mois de parution
mars 2020
|
Domaines
Résumé

Il y a tout un tas d'expressions qui prêtent à réfléchir, comme : il n'y a rien de mieux que de ne rien faire, ou il n'y a que ceux qui ne font rien qui ne se trompent pas. C'est plus ou moins ce qui est mis en application dans une chaîne de CI/CD : au moindre commit, une foule de petits robots se mettent en branle pour faire tout le nécessaire au déploiement de nos applications. Et si nous nous penchions sur toute cette machinerie ?

Préparer un système GNU/Linux temps réel pour vos applications audio

Magazine
Marque
Linux Pratique
Numéro
118
|
Mois de parution
mars 2020
|
Domaines
Résumé

Pendant longtemps, je me suis amusé à compiler des noyaux Linux afin de paramétrer mes ordinateurs avec les options correspondantes au matériel les composant. Par la suite, j’ai découvert la possibilité d’optimiser encore plus le cœur de mes systèmes GNU/Linux avec les fonctionnalités dites « temps réel », notamment pour faire tourner des logiciels audio avec le serveur de son Jack.

Par le même auteur

Contrôler vos modèles LEGO Powered Up au Nunchuk à l'aide de votre Arduino

Magazine
Marque
Hackable
Numéro
33
|
Mois de parution
avril 2020
|
Domaines
Résumé

Dans cet article, nous allons voir comment piloter un robot LEGO Powered Up à l’aide d’un Nintendo Nunchuk, grâce à un Arduino. Nous allons installer les librairies nécessaires pour pouvoir piloter notre modèle Powered Up et accéder aux informations du Nunchuk. Nous développerons ensuite notre programme de contrôle en C.

Auto-héberger son agenda avec Baïkal

Magazine
Marque
Linux Pratique
HS n°
Numéro
46
|
Mois de parution
octobre 2019
|
Domaines
Résumé
Il est très utile de pouvoir avoir un calendrier partagé accessible à tout moment sur toute sorte de clients : PC, tablette, téléphone... La solution la plus simple est souvent d’utiliser Google Calendar. Dans cet article, nous allons voir qu’il n’est pas si compliqué d’héberger soi-même un calendrier partagé à l’aide de Baïkal. Nous aborderons l’installation et la configuration de Baïkal. Pour finir, nous découvrirons la configuration des clients Thunderbird, Android et iOS.

Contrôler vos modèles Lego PoweredUp au Joypad à l'aide de votre Raspberry Pi

Magazine
Marque
Hackable
Numéro
30
|
Mois de parution
juillet 2019
|
Domaines
Résumé

Dans cet article, nous allons voir comment piloter un robot Lego PoweredUp à l’aide d’un JoyPad, grâce à un Raspberry Pi. Nous allons installer tout le nécessaire sur notre Raspberry Pi pour pouvoir piloter notre modèle Lego PoweredUp. Nous utiliserons NodeJS, donc le langage JavaScript, pour piloter notre modèle Lego.

Contrôler vos modèles Lego au joypad à l'aide de BrickPi

Magazine
Marque
Hackable
Numéro
29
|
Mois de parution
avril 2019
|
Domaines
Résumé

Dexter Industries propose des cartes d’extension pour Raspberry Pi. Dans cet article, nous allons nous intéresser à la carte BrickPi permettant de piloter les moteurs et senseurs Lego MindStorms. Nous verrons comment piloter notre robot Lego à l’aide d’un joypad. Nous développerons notre programme grâce au langage Python.

Créer vos feuilles de tournoi avec jQuery Bracket

Magazine
Marque
Linux Pratique
HS n°
Numéro
44
|
Mois de parution
février 2019
|
Domaines
Résumé

Lorsque l’on organise des tournois, il est souvent intéressant de mettre les résultats en ligne et de pouvoir les modifier aisément. Dans cet article, nous allons utiliser la librairie jQuery Bracket pour publier des feuilles de tournoi. Nous ajouterons aussi notre propre code pour rendre l’utilisation de la librairie plus facile.