Use-After-Free dans le noyau Linux

Magazine
Marque
MISC
HS n°
Numéro
22
Mois de parution
octobre 2020
Domaines


Résumé

Pièce logicielle qui a accompagné les deux dernières décennies, le noyau Linux est un système relativement complet qui dispose d’un allocateur de mémoire dynamique. Comme tous les logiciels classiques, le noyau est ainsi régulièrement sujet à des vulnérabilités de type Use-After-Free via cet allocateur.


L’exploitation en mode noyau peut sembler de prime abord moins accessible que son équivalent dans l’espace utilisateur. D’une part, le système d’exploitation gère l’ensemble des flots d’exécution, donc son état interne est plus volatile que celui d’un simple programme. D’autre part, la moindre erreur provoque un plantage sans appel du système.

En revanche, Linus Torvalds a longtemps considéré les mesures de protection contre l’exploitation comme un cache-misère : s’il y a exploitation, c’est qu’une faille existe. La seule issue est donc de corriger le bogue. Nul besoin de coupe-feu lorsque rien ne brûle !

L’objectif de cet article est de présenter les évolutions au cours des ans d’un pan de surface exploitable au sein du noyau Linux, via les mécanismes d’allocation de mémoire, et d’illustrer le propos avec l’exploitation d’un CVE récent.

1. L’allocateur de mémoire

1.1 Genèse et principes

Les bases de...

Cet article est réservé aux abonnés. Il vous reste 96% à découvrir.
à partir de 21,65€ HT/mois/lecteur pour un accès 5 lecteurs à toute la plateforme
J'en profite


Articles qui pourraient vous intéresser...

Sûreté mémoire : le temps des cerises

Magazine
Marque
MISC
Numéro
113
Mois de parution
janvier 2021
Domaines
Résumé

L’étude et la compréhension des buffer overflow datent de 1972, et leurs premiers usages documentés de 1988 [1]. Près de 50 ans plus tard, où en sommes-nous ? Il nous faut bien admettre que la situation est déprimante : Microsoft et Google reconnaissent chacun ([2], [3]) que près de 2/3 des attaques utilisent à un moment ou un autre une vulnérabilité mémoire. Le ver Morris, qui n’était au départ qu’une preuve de concept, avait quand même coûté la bagatelle de quelques millions de dollars à l’époque… Aujourd’hui, les coûts sont abyssaux : sur le plan financier bien sûr, mais aussi pour nos vies privées, voire nos vies tout court. Face à ce problème, de nombreuses approches sont possibles : analyse statique du code, instrumentation et vérification à l’exécution, langages « sûrs »… Je vous propose d’explorer dans cet article un vieux concept remis au goût du jour, les capabilities, et tout ce qu’elles pourraient nous permettre de faire.

Zerologon pour les (mots de passe) nuls

Magazine
Marque
MISC
Numéro
113
Mois de parution
janvier 2021
Domaines
Résumé

ZeroLogon est LA vulnérabilité de septembre 2020 qui expose de nombreux domaines Windows à une compromission totale via un scénario d’exploitation réaliste et fiable. Mais ce qui donne à Zerologon ses lettres de noblesse c’est qu’elle repose essentiellement sur la mauvaise utilisation d’un algorithme cryptographique permettant de réaliser une attaque à clair choisi particulièrement astucieuse. Zoom sur la vulnérabilité la plus passionnante de la rentrée 2020 !

Sécurité avancée des services Serverless (FaaS)

Magazine
Marque
MISC
Numéro
113
Mois de parution
janvier 2021
Domaines
Résumé

Les fonctions Serverless sont aujourd’hui une nouvelle tendance du cloud. Rapides et peu onéreuses, elles ne requièrent aucun entretien des infrastructures sous-jacentes par le client. Cependant, ce service entraîne un changement de modèle d’architecture, rendant les solutions de protection classiques inadaptées. Ce papier sensibilise aux nouvelles menaces du cloud et suggère différentes règles à suivre pour s’en prémunir.