Emeutes au Xinjiang et guerre de l’information chinoise

Magazine
Marque
MISC
Numéro
49
Mois de parution
mai 2010
Domaines


Résumé

D’un point de vue théorique et pratique, où en est aujourd’hui la Chine en matière de guerre de l’information et de cyberguerre ? Nous pourrions voir dans la recrudescence des attaques imputées à la Chine (intrusions dans des systèmes d’information d’agences gouvernementales et de grandes entreprises, vol de données, espionnage, etc.), la démonstration de son implication de plus en plus marquée dans le champ de la guerre de l’information, le recours systématisé à des opérations agressives dans le cyberespace, dans le prolongement somme toute logique des théories et doctrines de GI affichées depuis près de 20 ans (§I). Toutefois les agressions recensées dans le monde ne sauraient résumer ni même refléter l’approche chinoise de la GI1 et de la cyberguerre : d’une part, les opérations ne peuvent lui être imputées assurément - pour des raisons techniques - et d’autre part, la doctrine chinoise ne saurait se limiter à ces intrusions. Pour tenter de répondre à la question, il nous a alors semblé intéressant de choisir un nouvel objet d’analyse. Nous avons ainsi analysé les émeutes du Xinjiang, qui au cours de l’été 2009 ont marqué l’histoire de la Chine et avons tenté d’identifier dans les épisodes de cette crise intérieure majeure et les modalités de sa gestion par les autorités (§II), des indices caractérisant l’approche chinoise de la GI (§III).


1. Théories et doctrines chinoises de GI et de cyberguerre : rappels

La conception chinoise de la GI et de la cyberguerre a deux facettes, militaire et civile, développées sur un plan à la fois théorique et pratique.

1.1 La dimension militaire

Depuis le milieu des années 1990, les militaires chinois ont assuré le développement des théories et doctrines de GI, ainsi que leur mise en œuvre progressive au travers du long processus de RAM2 puis de transformation.

En 1995, le général Wang Pufeng, père de la doctrine chinoise de GI, la définissait comme une guerre dont l’objectif n’est plus la conquête de territoires ou la destruction des troupes adverses, mais la destruction de la volonté de résistance adverse ; une guerre dans laquelle la capacité à voir et à savoir avant l’adversaire, à agir plus vite, à frapper de manière plus précise est tout aussi importante que la puissance de feu.

En 1997 le colonel Wang Baocun ajoutait que la GI peut...

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